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Il y a deux ans, je me suis rendue à Gaza et en Israël à la rencontre des dirigeants puis j'ai longuement dialogué avec des groupes de jeunes étudiants. Des deux cotés, ces jeunes parlaient avec les mêmes mots, la même passion, le même regard farouche : « on veut faire naître nos enfants dans un monde en paix et on en a assez de la peur ».
Aucune victoire militaire de Tsahal ne garantira la sécurité d’Israël. Est-il possible d'arrêter ce conflit sans fin où les chances de paix sont périodiquement gâchées, parfois des deux côtés en même temps, par le choix à répétition de la politique du pire ? Quelle solution politique, équitable et durable, le permettra ?
Après avoir en équipe écouté, observé et analysé, je vois plusieurs jalons solides d'une paix juste et durable. Les voici.
Tout d'abord, la supériorité des armes n’a jamais mis à l’abri d’une défaite politique, elle l’a même parfois hâtée et c’est encore plus vrai aujourd’hui où l’opinion mondiale, informée comme jamais, voit sur ses écrans le déluge de feu qui s’abat sur Gaza, cette immense prison à ciel ouvert asphyxiée par le blocus et quotidiennement pilonnée.
C’est l’honneur d'Israel que des voix s’élèvent en son sein pour s’opposer à une guerre qui n’atteindra aucun des objectifs, officiels et officieux, que lui assigne le gouvernement israélien : ni l’arrêt des tirs de roquette sur les villes du sud ; ni le démantèlement du Hamas, au contraire installé en fer de lance de la résistance ; ni même la restauration de la capacité de dissuasion de l’armée israélienne, ébranlée après l’invasion du Liban ; ni même le message adressé à l’Iran et au « terrorisme » car les principaux bénéficiaires de cette opération brutale et, à terme, contre-productive, ne sont ils pas les djihadistes les plus obtus et les réseaux d’Al Qaida ?
Marek Halter a rencontré à Damas Khaled Mechaal, le chef du Hamas, à la veille du déclenchement de l’offensive israélienne. Celui-ci lui a dit, rapporte-t-il, que le Hamas qui prônait jadis dans sa Charte la destruction pure et simple de l’Etat d’Israël, était aujourd’hui « prêt à un accord sur la base des frontières de 1967 ». Qu’est-ce que cela signifie ? Une reconnaissance de facto de ce que le Hamas appelle désormais « l’entité israélienne ». Ce n’est pas – pas encore – une reconnaissance de droit de l’existence de l’Etat d’Israël et de son droit à la sécurité mais, dit Marek Halter, « c’est une avancée », qui rappelle d’ailleurs celle jadis accomplie par l’OLP.
Cette reconnaissance nécessaire, n'est-il pas vain d’en faire un préalable absolu à toute discussion alors qu’elle devra faire partie du package si l’on en vient enfin à des négociations sérieuses, équitables parce que respectueuses des droits des deux peuples et impliquant leurs représentants tels qu’ils sont et non tels que les uns ou les autres les voudraient a priori ?
L’Europe doit enfin assumer avec force l’immense responsabilité historique qui est la sienne dans cet interminable conflit. Un peu d’histoire et de mémoire n’est pas inutile pour remettre les choses en perspective. Ce sont des persécutions - l’Affaire Dreyfus et les pogroms tsaristes, un crime contre l’humanité - la Shoah, tous perpétrés en Europe, qui ont conduit tant de survivants à mettre leur seul espoir dans un Etat-refuge. Ne l’oublions jamais.
Les Palestiniens peuplaient cette terre réputée « sans peuple pour un peuple sans terre » et en furent massivement expulsés. Il ne s’agit pas de faire tourner la roue de l’histoire en arrière mais de ne pas oublier que, colonisations britannique et française inclues, cette histoire est aussi la nôtre.
Deux nations se sont constituées dont les peuples ont aujourd’hui des droits qui doivent être conciliés pour qu’ils puissent, l’un et l’autre, coexister dans la sécurité et la dignité.
Trop de pourparlers et d’accords de paix sont jusqu’à présent allés d’échec en échec, en dépit des rares moments où l’on s’est pris à espérer que la raison et la justice l’emportent grâce à quelques responsables suffisamment visionnaires et lucides qui, tous, ont aujourd’hui disparu et, pour certains, ont été assassinés par les extrémistes de leur camp. Yitzhak Rabin fut l’un d’eux. Il eut le courage de comprendre que l’escalade guerrière conduisait à l’impasse politique et que la sécurité d’Israël, avec laquelle il ne transigeait pas, exigeait une perspective crédible pour les Palestiniens. Cette « doctrine Rabin » est plus que jamais d’actualité. Les grandes lignes d’une paix honorable et efficace sont connues, il n’y a rien à inventer et plus d’alibi derrière lequel se cacher pour, une fois encore, en détruire les chances.
Pour ses responsabilités passées et pour sa responsabilité présente dans l’équilibre du monde, l’Europe doit peser de tout son poids pour que cette guerre de trop qui ne règlera rien soit enfin la dernière et pour que les enfants de Sdérot et de Gaza aient enfin droit à une vie normale dans des sociétés qui ne soient plus dominées par la peur et la haine de l’autre.
L’urgence, c’est l’arrêt immédiat des hostilités suivi d’un cessez-le-feu durable, avec envoi d’observateurs ou de forces internationales chargés d’en vérifier le respect. L’urgence, ce n’est pas seulement, des deux côtés, le silence des armes : c’est aussi l’arrêt de la colonisation dans les territoires occupés et la levée du blocus qui a fait de Gaza un immense ghetto paupérisé en proie, avant même l’intervention militaire israélienne, à une catastrophe humanitaire et sociale, nourrissant frustrations et colères.
L'urgence, c’est la mobilisation conjointe et cette fois-ci déterminée de l’Europe et des Etats-Unis, en liaison avec les pays frontaliers, pour en finir avec l’immobilisme meurtrier qui, depuis 16 ans, a succédé au processus de Madrid et aux accords d’Oslo. Force est malheureusement de constater que la mission confiée par le Quartette à Tony Blair n’a, pour l’instant, rien donné d’autre qu’un piteux alignement sur les positions de l’Administration Bush.
L’urgence, c’est que chacun comprenne qu’il n’a pas à choisir ses interlocuteurs dans le camp d’en face mais à prendre, tels qu’ils sont, ceux qui représentent effectivement les populations concernées. Le seul préalable à l’ouverture de premières négociations, ce doit être le cessez-le-feu. Le reste, tout le reste, doit en être l’aboutissement, de la reconnaissance d’Israël et de son droit à la sécurité aux contours d’un Etat palestinien souverain et viable.
Trop de temps perdu, trop de promesses non tenues, trop de malheur de part et d’autres et trop, aussi, de politiques inéquitables accréditant l’idée ravageuse d’un « deux poids, deux mesures » dont toujours les mêmes feraient les frais. Il est temps de stopper ce fol engrenage qui a transformé de jeunes lanceurs de pierres des Intifadas passées en bombes humaines car sinon, comme l’a très bien dit l’écrivain franco-libanais Dominique Eddé, « les jeunes oubliés de la vie seront de plus en plus nombreux à être candidats à la mort ». Non par fascination nihiliste ou par fanatisme religieux mais par conviction de n’avoir plus rien à perdre et pas d’autre moyen de faire entendre leur voix.
Il est temps de comprendre aussi qu’il en va non seulement de la sécurité d’Israël et de la dignité de la nation palestinienne mais, plus largement, de l’équilibre et de la sûreté d’un monde où l’éternisation du conflit israélo-palestinien attise le pire.
Rien ne sert de déplorer « l’importation du conflit » : à l’heure d’Internet et des medias télévisés globaux, Gaza est dans tous les foyers et dans toutes les consciences. Les humiliés s’identifient aux humiliés et jugent sévèrement la légèreté avec laquelle la plupart des gouvernements occidentaux semblent, dans cette affaire, traiter leurs propres valeurs. Voilà pourquoi ce qui se joue à Gaza, ce sont aussi nos lendemains à tous car, tôt ou tard, l’histoire présente toujours l’addition.
C’est pourquoi j’en appelle à un effort de lucidité historique et de courage politique de l’Europe, meilleur moyen d'aider Barack Obama à assumer, le jour venu, les responsabilités politiques qui sont celles de son pays.
Mahmoud Darwich, immense poète palestinien aujourd’hui disparu, disait s’efforcer d’exprimer « la conscience du perdant ». Il appelait cela « être un poète troyen », c'est-à-dire ne jamais se contenter du récit du vainqueur et de la version du plus fort. Il est temps qu’il n’y ait plus, sur la terre d’Israël et de Palestine, non pas un mais deux perdants, comme c’est le cas aujourd’hui.La paix, forcément faite de concessions réciproques, est possible à condition que la justice et l’intelligence du temps qui est le nôtre soient au rendez-vous.
Car, comme le dit le grand écrivain israélien, Amos Oz, « la vie, c’est le compromis. Et l’opposé du compromis, ce n’est pas l’idéalisme, c’est le fanatisme et la mort ».
Ségolène Royal
Chères amies, chers amis,
Je suis très heureuse de vous présenter mes vœux pour l'année 2009.
Je souhaite que cette année vous soit douce et légère.
J'adresse une pensée particulière à toutes celles et tous ceux qui sont dans la solitude, dans la maladie, dans la détresse, au chômage.
L'année 2008 a vu en France des êtres humains mourir de froid tandis que des milliards d'euros étaient destinés à renflouer les banques. Cela ne peut plus durer.
En 2009, je souhaite un monde plus juste et plus fraternel.
Ensemble, avec Désirs d'Avenir, nous y apporterons notre contribution.
Du fond du cœur, je vous souhaite à nouveau une excellente année avec des joies familiales, des joies amicales et beaucoup de bonheur.
Très fraternellement,
"Plutôt que de préparer des débauchages, songer toujours au coup suivant, jouer sur les plus mauvais ressorts des uns et des autres, je crois qu'il y a un objectif d'unité nationale cette année", a affirmé sur France Inter l'eurodéputé PS, au lendemain des voeux télévisés du chef de l'Etat.
"M. Sarkozy, plutôt que de préparer ou d'appeler à des gouvernements d'union nationale, qui ne servent à rien et qui font perdre des repères à chacun, devrait réunir les syndicats, les partis d'opposition" et les "mettre autour de la table".. " La gauche, a-t-il rappelé, dirige la quasi-totalité des grandes collectivités locales " qui réalisent " 70% de l'investissement national ".
Nicolas Sarkozy "n'est pas seul au monde. Ce n'est pas +moi-je+ diriger la France. Il y a vingt régions, il y a des grandes collectivités locales".
V.Peillon a stigmatisé "l'exercice incroyable d'autosatisfaction" du président de la République et son "formidable abus de la première personne du singulier" lors de ses voeux télévisés.
Il a jugé "dérisoire" le plan de relance décidé par le gouvernement : "il faut se tourner de façon plus équilibrée vers la consommation autant que vers l'investissement avec des montants beaucoup plus importants".
Avec AFP
Il faut continuer et je continue avec vous. Et puis, il y a eu des éléments tout de même très positifs dans ce Congrès : d'abord, la constitution d'une belle équipe.
Cette belle équipe, elle est restée unie, très unie : pendant le Congrès, et après le Congrès. Je voudrais vous dire que nous continuons à travailler, nous rencontrer, tous les Mardis. Nous nous retrouvons très régulièrement, nous correspondons bien évidemment... Et puis cette équipe unie a aussi décidé de continuer.
A l'intérieur du Parti socialiste, dans la structure qui s'est mise en mouvement avec le rassemblement des parlementaires que Jean-Louis Bianco anime à l'Assemblée, des sénateurs, qu'anime François Rebsamen au Sénat, de l'ensemble des élus de terrain, des premiers fédéraux, qui sont là, des secrétaires de section, des militants, tous ceux qui ont soutenu notre motion... et qui ont voté pour moi. Je leur demande de faire ce que nous aurions fait si nous étions aux responsabilités : c'est-à-dire des sections ouvertes, des sections où l'on débat, des sections où l'on attire des adhérents, un Parti socialiste qui s'inspire des meilleures pratiques de nos élus, quelqu'ils soient d'ailleurs, quelque soit la motion pour laquelle ils ont voté... et donc en mettant en mouvement dans nos fédérations et dans nos sections le Parti dont nous rêvions.
Je crois que c'est très important : je sais que malgré tout... parce que je vois bien ce qu'il se passe, que lors des Congrès Fédéraux on ne vous a pas épargnés. Je le sais.
Nous devons être vigilants, les uns, les autres, et nous faire respecter... au sein des fédérations et en même temps apporter notre capacité de créativité à ce que le Parti socialiste construit. Nous ne sommes pas là pour gêner l'actuelle Direction. Nous avons été laissés derrière la porte... mais nous sommes chez nous, dans notre maison commune, au Parti socialiste.
Nous devons prendre, sur le terrain, toute notre place, et bien évidemment il y a Désirs d'Avenir.
J'entends monter en puissance : l'organisation, la
créativité, l'action et la réflexion... avec Désirs d'Avenir. Venez
nombreux, adhérez et faites adhérer. Venez nombreux à Désirs d'Avenir.
Pouquoi ? Parce que tout d'abord nous allons continuer à mettre sur le
site les meilleures contributions des experts, des économistes, des
intellectuels, des sociologues, ... que nous rencontrons parce que je
souhaite que toute cette matière grise soit mise à la disposition du
plus grand nombre à travers tous les territoires. Notamment toutes
celles et ceux qui n'ont pas la possibilité de sortir de chez eux, de
se rendre à l'université la plus proche.
Mais c'est vous tous qui allez nous aider à créer ce réseau d'éducation populaire. C'est à vous de nous donner des participations, des contributions, des réflexions, des universitaires qui sont en proximité, de vos fédérations, de vos sections des éléments à propos desquels vous pouvez intervenir, des lectures auxquelles vous avez accès et qui vous ont particulièrement frappées, et c'est cette mise en commun de la matière grise que nous voulons faire monter en puissance, elle existe déjà.
Depuis la création de Désirs d'Avenir, nous avons fait ces
forums... mais nous allons leur donner une dimension supplémentaire.
Ensuite nous allons restructurer le site Désirs d'Avenir, là aussi pour
lui donner plus d'ampleur, et d'impact. Là aussi, j'ai besoin de vos
contributions.
Et puis il y a Cités d'Avenir. Cités d'Avenir, c'est 200
associations qui sont fédérées dans les banlieues, qui sont animées par
Kamel et Brahim, et là aussi nous avons fait une réunion de travail,
nous avons quelques idées et notamment pour diffuser dans les quartiers
populaires ce que j'ai réalisé dans la Région Poitou-Charents, c'est à
dire des Bourses tremplins Désirs d'entreprendre, donc du micro-crédit
avec des parrainages de chefs d'entreprise expérimentés qui pourraient
aider les jeunes à créer leur activité.
J'ai rencontré hier des lycéens, bien sûr, j'ai échangé avec eux, vous verrez le compte-rendu et la synthèse, ou des extraitsde cette réunion de travail avec les lycéens, sur le site. Moi j'ai été frappée par leur sérieux, par leur envie de travailler, quand je vois Nicolas Sarkozy dire que c'est la Gauche qui met la pagaille, je crois qu'il est, avec son Gouvernement, responsable aujourd'hui de la pagaille dans les lycées. Et en écoutant les lycéens, notamment l'analyse très pointue qu'ils font du sens de la réforme, pourquoi supprimer, par exemple, l'apprentissage de l'économie... comme s'il fallait empêcher les jeunes de réfléchir, et ne faire plus que de la gestion... pourquoi réduire à la portion congrue toutes les sciences humaines, tel que l'envisageait Monsieur Darcos ?
Les lycéens ont été parfaitement conscients du fait que le lycée est là aussi pour former des citoyens, pour l'apprentissage de leurs libertés, leurs capacités de jugement... Que leur révolte est aussi une revendication de respect.
De la même façon, si vous avez à proximité de chez vous des
salariés, des ouvriers, qui se battent dans l'indifférence générale,
contre la fermeture de leurs usines, parce qu'il y a des effets de la
crise qui sont sous les projecteurs... et puis d'autres endroits où
l'on souffre et où l'on meurt en silence ! Je veux que les militants de
Désirs d'Avenir soient aux côtés de ceux qui souffrent, et qui
disparaissent en silence. Qu'ils puissent avoir accès à ce média qu'est
Désirs d'Avenir. Filmez les, recueillez leurs témoignages, faites les
porter sur le site Désirs d'Avenir et nous allons créer des réseaux de
solidarité pour que partout où l'on souffre, sur le territoire
national, on ne soit pas oublié(e)s. Cela nous conduira à faire ce que
déjà font certaines équipes Désirs d'Avenir : des actions de
solidarité, de proximité.
N'oublions jamais ce que nous sommes, Désirs d'Avenir, cela veut dire que nous avons l'ambition et d'ailleurs c'est l'essence même de la politique, de donner à chacun la possibilité d'évoluer, de créer, de construire, et de croire en un avenir meilleur. Non seulement pour lui-même, mais aussi pour ceux qui l'entourent.
Donc, à très bientôt !