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Marine Le Pen, stable depuis juillet 2011 à un très haut niveau compris entre 17 % et 19 %, enregistre la plus forte baisse, - 3 points, à 15 % d'intentions de vote.
A la question "si le premier tour de l'élection présidentielle avait lieu dimanche prochain", 8 % des personnes interrogés choisiraient le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon (+1 point par rapport au sondage des 18-19 janvier) et 3 % Eva Joly (-1). Dominique de Villepin (2 %) gagne 0,5 point, tandis que Nathalie Arthaud (0,5 %), Philippe Poutou (0 %), Frédéric Nihous (0 %) et Christine Boutin(0,5 %) stagnent.
Au second tour de la présidentielle François Hollande conserve sa très forte avance sur Nicolas Sarkozy, avec 57 % des intentions de vote contre 43 %, inchangée par rapport au dernier sondage BVA.
Enquête réalisée par l'institut BVA les 30 et 31 janvier 2012 – après l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy dimanche –, auprès d'un échantillon de 1 407 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, par téléphone et par Internet, selon la méthode des quotas.
Selon un sondage CSA pour BFM TV, 20 Minutes et RMC les 23 et 24 janvier 2012, après le discours de François Hollande (PS) au Bourget, ce dernier serait crédité de 31 % des intentions de vote au premier tour, soit deux points de plus qu'au début du mois, tandis que Nicolas Sarkozy (UMP) obtiendrait 25 % des voix (- 1 point).
Derrière, Marine Le Pen (FN) perdrait deux point à 17 %, tandis que François Bayrou (MoDem) en gagnerait autant à 15 %. En cinquième position, Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) gagne deux points à 9 %.
Au deuxième tour, François Hollande l'emporterait sur Nicolas Sarkozy par 60 % des voix (+ 3 points).
La moitié des sondés se disent sûrs de leur choix au premier tour ; ils sont 75 % au second.
Le candidat PS François Hollande recueille 35% des intentions de vote au 1er tour de la présidentielle 2012, suivi de Nicolas Sarkozy à 25%, et l'emporterait avec 62% des voix au second tour contre 38% au président sortant, selon un sondage CSA pour BFM TV/RMC/20 minutes à paraître mercredi.
François Hollande gagne sept points par rapport à septembre et atteint le niveau le plus élevé mesuré pour un candidat socialiste (Dominique Strauss-Kahn avait recueilli 33% en mars dernier), tandis que Nicolas Sarkozy progresse de un point.
La présidente du Front national Marine Le Pen obtiendrait 16% (- 2), François Bayrou 9% (+ 2), Jean-Luc Mélenchon 5% (- 1), Eva Joly (EELV) 3% seulement (- 1).
Les autres candidats testés, tous déclarés ou potentiels, recueilleraient entre 0,5% et 2%.
Au 1er tour, le total des intentions de vote pour des candidats de gauche (y compris Eva Joly) et d'extrême gauche atteint 44,5%, contre 30% pour les candidats de droite (hors FN). En septembre, le rapport gauche-droite s'établissait à 40-35.
En outre, 57% des sondés pourraient voter pour François Hollande au premier tour, contre seulement 36% pour Nicolas Sarkozy. Selon CSA, "l'ambition de Nicolas Sarkozy d'aborder en tête le second tour semble d'autant plus difficile à réaliser que 61% des Français excluent aujourd'hui de voter pour lui au 1er tour".
Au second tour, "d'excellents reports de voix à gauche comme au centre" permettraient à François Hollande d'obtenir 62% (DSK était monté jusqu'à 64%).
D'autre part, 65% des personnes interrogées pensent que "le projet présidentiel que va porter François Hollande" est "plutôt au centre gauche", 19% l'estimant "vraiment à gauche". 16% ne se prononcent pas.
Pour 59% des Français interrogés, le PS sort majoritairement "renforcé et rassemblé" des primaires. C'est l'avis de 80% des sympathisants socialistes, ainsi que de 43% des sympathisants UMP (43% d'opinions en sens contraire dans cette dernière catégorie).
Enfin, 61% des sympathisants de droite se déclarent favorables au principe de primaires à droite pour la présidentielle de 2017.
Sondage réalisé par téléphone le 17 octobre auprès d'un échantillon national représentatif de 1010 personnes âgées de 18 ans et plus, dont 859 inscrites sur les listes électorales en France. Méthode des quotas.
"Plutôt que de préparer des débauchages, songer toujours au coup suivant, jouer sur les plus mauvais ressorts des uns et des autres, je crois qu'il y a un objectif d'unité nationale cette année", a affirmé sur France Inter l'eurodéputé PS, au lendemain des voeux télévisés du chef de l'Etat.
"M. Sarkozy, plutôt que de préparer ou d'appeler à des gouvernements d'union nationale, qui ne servent à rien et qui font perdre des repères à chacun, devrait réunir les syndicats, les partis d'opposition" et les "mettre autour de la table".. " La gauche, a-t-il rappelé, dirige la quasi-totalité des grandes collectivités locales " qui réalisent " 70% de l'investissement national ".
Nicolas Sarkozy "n'est pas seul au monde. Ce n'est pas +moi-je+ diriger la France. Il y a vingt régions, il y a des grandes collectivités locales".
V.Peillon a stigmatisé "l'exercice incroyable d'autosatisfaction" du président de la République et son "formidable abus de la première personne du singulier" lors de ses voeux télévisés.
Il a jugé "dérisoire" le plan de relance décidé par le gouvernement : "il faut se tourner de façon plus équilibrée vers la consommation autant que vers l'investissement avec des montants beaucoup plus importants".
Avec AFP
Nicolas Sarkozy prétend imposer le travail dominical aux actifs parce que tel fut son programme électoral. Voici les statistiques révélatrices de l'ifop, réalisées après l'élection présidentielle de 2007, qui montre quelle classe d'âge a élu quel candidat :
NICOLAS SARKOZY
18-24 ans : 42%
25-34 ans : 45%
35-49 ans : 46%
50/64 ans : 49%
65 ans et plus : 83%
SÉGOLÈNE ROYAL
18-24 ans : 58%
25-34 ans : 55%
35-49 ans : 54%
50/64 ans : 51%
65 ans et plus : 17%
- Cet aperçu montre un très fort clivage générationnel. Sarkozy à été élu en très grande partie grâce au troisième âge.
- Enfin il permet de se rendre compte que AUCUNE des propositions de sarkozy concernant les actifs (travailler plus pour gagner plus, heures supplémentaires, travail le dimanche, etc...), les étudiants (réformes et suppressions de postes dans l'éducation nationale), mais aussi les chômeurs (suivi autoritariste, sanctions), AUCUNE de ces propositions, n'a été plébiscité par les catégories concernées... Car les 18-64 ans dans leur ensemble ont voté à 54%... pour le programme porté par la candidate du Parti Socialiste.
Seul les retraités (de 65 ans et +) ont massivement approuvé ces propositions... qui ne les concernent pas directement.
- Un autre sondage publié par le Figaro en juin 2007 nous apprend que 67% de ses électeurs sont sans diplômes ou très peu diplômés. Les votants diplômés et très diplômés ont majoritairement voté François Bayrou, Ségolène Royal et Olivier Besancenot.
Keops
BORDEAUX (Reuters) - François Deluga (PS) a repris dimanche la 8ème circonscription de la Gironde à la droite en battant le maire UMP d'Arcachon Yves Foulon, à l'occasion d'une législative partielle.
Le candidat socialiste récupère le siège abandonné par l'UMP Marie-Hélène Des Esgaulx, élue sénatrice en septembre.
Deluga, qui avait occupé ce fauteuil de 1997 à 2002 l'a emporté largement avec 54,28% des voix contre 45,72%. Le taux d'abstention s'est élevé à 56,89%.
Il avait déjà créé la surprise dimanche dernier en arrivant en tête du premier tour dans cette circonscription du sud du bassin d'Arcachon, dont l'une des principales communes, La Teste-de-Buch, a basculé à droite lors des dernières municipales.
Jeudi, le Premier ministre François Fillon était venu soutenir en personne Yves Foulon, candidat du parti présidentiel et proche de Nicolas Sarkozy, lors d'une brève visite.
PARIS (Reuters) - La France a comptabilisé 45.900 chômeurs de plus en octobre, soit la plus forte hausse depuis quinze ans, croit savoir le quotidien régional L'Est républicain de jeudi.
La barre symbolique des deux millions de chômeurs pourrait être légèrement dépassée dès ce mois d'octobre, si les chiffres sont confirmés. Le chiffre de septembre était de 1.957.600.
Les chiffres officiels devaient être publiés dans la soirée par le ministère de l'Economie. Interrogé sur France inter, le ministre du Travail Xavier Bertrand a déclaré que les chiffres ne seraient "pas bons" et a imputé la hausse à la crise internationale.
"S'il y a notamment une récession économique aux Etats-Unis, il n'est pas question de laisser penser que ça va être comme le nuage de Tchernobyl à l'époque, ça va s'arrêter au-dessus de l'Atlantique. Il y a donc des conséquences en Europe, en France, des conséquences économiques et sur le chômage", a-t-il dit.
Le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez a déjà annoncé dans un entretien publié mardi une "dégradation nette, proche de celle du mois d'août". La France avait alors enregistré 41.300 chômeurs supplémentaires", soit la plus forte augmentation depuis mars 1993, où elle dépassait 54.000.
L'augmentation en septembre dernier a ensuite été limitée à 8.000 personnes. La tendance générale, "très mauvaise", a été confirmée par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.
Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse
Dans une courte allocution devant la presse au terme d'un Conseil national du PS qui a entériné la victoire de la maire de Lille, l'ancienne candidate à l'élection présidentielle a appelé au rassemblement, sans prononcer une seule fois le nom de sa rivale.
"Nous avons mené une très belle bataille pour la transformation du Parti socialiste et cette bataille continue", a-t-elle déclaré, entourée ses plus proches soutiens, dont le député européen Vincent Peillon et le député-maire d'Evry (Essonne), Manuel Valls.
La présidente de la région Poitou-Charentes n'a pas réitéré sa demande d'organisation d'un nouveau vote des militants, même si elle a dit à plusieurs reprises avoir le sentiment d'avoir "réussi à convaincre la moitié, et peut-être un peu plus" du PS.
Ses proches ont annoncé leur intention de saisir la justice contre la décision des instances du PS de valider l'élection de Martine Aubry, réclamant un nouveau vote dans les sections qui posent problème.
Selon le décompte de la "commission de récolement" du PS, l'ancienne ministre de l'Emploi l'a emporté avec 102 voix d'avance, sur plus de 134.000 suffrages exprimés.
Aux yeux de Ségolène Royal, "ce débat et ce moment démocratique" de ces derniers jours prouvent "la vitalité" du Parti.
"Non, ce n'était pas un débat de personnes. C'était une vraie différence sur la conception du Parti socialiste", a-t-elle souligné.
"Nous avons réussi cet exploit de convaincre la moitié, et peut-être un peu plus, du Parti socialiste, en ayant la totalité de l'ancien appareil du Parti socialiste contre nous", a-t-elle fait remarquer.
"L'HEURE EST À L'UNITÉ ET AU RASSEMBLEMENT"
"Aujourd'hui l'heure est à l'unité et au rassemblement et je voudrais vous dire que toute notre énergie, nous allons la mettre pour continuer à aider le Parti socialiste à se transformer".
Ségolène Royal s'est adressée aux déçus de son camp, qu'elle a invités à rester au PS. "Je leur dis 'restez-y car le Parti socialiste a besoin de vous'".
"Et à ceux qui ne sont pas au Parti socialiste, je dis 'venez, le Parti socialiste a besoin de vous pour assurer sa transformation'", a-t-elle insisté.
Ségolène Royal, qui n'avait jamais prononcé le mot 'défaite' dans les semaines suivant la victoire de Nicolas Sarkozy le 6 mai 2007, a prévenu qu'elle saurait se montrer critique à l'égard de la nouvelle direction du PS.
"Nous vous dirons dans les semaines qui viennent comment nous allons nous organiser pour apporter au Parti socialiste et donc à la nouvelle direction du Parti socialiste toute notre énergie", a-t-elle annoncé.
"Chaque fois que la direction du Parti socialiste prendra des décisions qui iront dans le sens de ce que nous avons défendu devant les militants, nous la soutiendrons. Chaque fois qu'elle n'ira pas dans ce sens, nous essaierons de la convaincre", a ajouté Ségolène Royal.
Une détermination confirmée par Manuel Valls, l'un de ses principaux lieutenants.
"Personne n'arrêtera ce mouvement de rénovation. Plus que jamais, après ce que j'ai vu ce soir, le Parti socialiste a besoin qu'on porte cette rénovation", a-t-il dit à la presse.
"Quand on fait 29, 43 et puis 50%, on n'a pas perdu", a renchéri Malek Boutih, secrétaire national du Parti socialiste chargé des questions de société, en allusion aux scores de Royal lors des trois votes successifs au PS ayant abouti à la désignation du premier secrétaire.
Elizabeth Pineau et Laure Bretton / Reuters
"Après le premier travail de la commission hier (lundi), il n'y a plus que quatre voix d'écart sur 135.000 votants entre les deux candidates", a déclaré l'eurodéputé sur France-Info.
Selon les résultats donnés par le PS vendredi soir après le vote des militants, la maire de Lille devançait Ségolène Royal de 42 voix.
M. Peillon a regretté que la commission de récolement, chargée d'examiner les litiges sur le vote des militants pour l'élection du nouveau premier secrétaire, se soit "interrompue bizarrement à 17H00" alors même "qu'il y a encore des suspicions sur plusieurs centaines ou milliers de voix".
La commission doit reprendre ses travaux à 14H00 avant la réunion du conseil national du PS à 18H00 qui doit normalement donner le résultat définitif du vote des militants et donc le nom de la nouvelle première secrétaire du parti. Pour M. Peillon, "il n'y aura pas de solution arithmétique" au contentieux entre les deux candidates. "Il faut donc renoncer à proclamer ce soir une nouvelle premier secrétaire" et "construire ensemble une procédure qui permette de revoter dans des conditions qui assureront la légitimité de celle qui sera désignée par ce vote", a-t-il expliqué.
Le PS doit "respecter l'Etat de droit et si ce n'est pas le cas nous nous adresserons à la justice républicaine", a-t-il prévenu. "Ce n'est pas une République bananière et ce n'est pas le mensonge médiatique organisé par quelques malfaisants qui va faire plier ceux qui considèrent que la rénovation et le vote doivent être respectés", a-t-il dit.
Le conseil national du PS devait trancher ce mardi entre Martine Aubry, donnée gagnante d'un cheveu du vote militant et Ségolène Royal qui conteste son avance, alors que le ton monte entre les deux camps. Lundi soir, les royalistes ont lancé un ultimatum à la commission de vérification des votes, l'enjoignant d'examiner leurs requêtes, faute de quoi ils menacent de saisir la justice et d'appeler à manifester devant Solférino.
C'est dans ce contexte amer que le "conseil national" du premier parti d'opposition ("parlement" de 300 membres) doit mettre fin au long suspense qui mobilise les médias. Réuni à 18H00 à La Mutualité à Paris, haut lieu de la gauche, il doit proclamer le nom de celle qui succédera à François Hollande, à la lumière d'un rapport fourni par la "commission de récolement".
Cette instance de vérification a passé au crible lundi des litiges émanant de fédérations socialistes, autour du scrutin interne qui a donné le 21 novembre 42 voix d'avance à la maire de Lille sur l'ex-candidate à l'Elysée, selon un décompte de la direction.
La commission présidée par l'ex-ministre Daniel Vaillant a suspendu ses travaux plus tôt que prévu, à 17H00.
Des "aubrystes" y vont vu le signe que les contestations du vote dans les sections socialistes, annoncées comme massives par les "royalistes", sont en réalité marginales.
Tout en continuant à réclamer un retour aux urnes pour un vote incontestable, Mme Royal a jugé "bien dommage" et "un peu embêtant" que la commission ait cessé de "récoler". C'était avant l'ultimatum lancé par son bras droit François Rebsamen.
Lundi soir, entre les accusations de fraude et le papier bleu, rien ne laissait entrevoir une issue à la longue crise qui secoue le PS.
Source : AFP & Intox 2007




Après la crise financière, on sent poindre une crise économique, craignez-vous une crise sociale dans la foulée ?
Mais elle est déjà là. Le nombre de travailleurs pauvres a augmenté, la précarité et le chômage aussi. Même les cadres se sentent tirés vers le bas : une majorité d'entre eux se déclare en situation de déclassement social. Dans beaucoup d'entreprises, la colère monte. Et elle prend d'autant plus d'ampleur que, tout d'un coup les salariés, réduits au pain sec, découvrent que pour sauver le système financier on peut mobiliser très rapidement des dizaines de milliards d'euros. Par ailleurs, les mêmes qui parlent aujourd'hui de mettre des règles dans le système financier, continuent à casser les règles du code du travail. Tout cela me semble très dangereux. Pour que la dynamique économique reparte il faut que les salariés soient sécurisés, bien formés et bien payés. Les entreprises seront alors plus performantes parce que la productivité horaire du travail sera meilleure. Voilà le cercle vertueux dont la France a besoin.
Si vous étiez aux manettes que feriez-vous face à la multiplication des plans sociaux ?
D'abord je fais entrer l'Etat au capital des banques pour sauver les entreprises. Dans le même temps, je répercute la baisse du brut en baissant les prix de l'énergie. J'augmente immédiatement le pouvoir d'achat en supprimant le paquet fiscal que je transforme en un 13ème mois pour 8 millions de salariés. Et enfin je stoppe les délocalisations boursières. Et tout cela tout de suite. Arcelor Mittal a par exemple décidé de fermer ses hauts fourneaux en Europe. C'est impensable alors que la demande mondiale d'acier continue à augmenter. Ce groupe fait des profits. L'Etat doit demander aux entreprises qui pratiquent de telles délocalisations de rembourser la totalité des aides et des exonérations de cotisations. Elles y réfléchiraient à deux fois.
Avez-vous songé aux conséquences que cela aurait sur les investissements étrangers ?
La France est un des pays les plus attractifs au monde. Il n'y a aucune raison que cela cesse. Quand on regarde de près les motivations des investissements étrangers, on constate que notre pays est apprécié parce que son système éducatif, son système de santé, son réseau de transports et de communication sont performants. Il faut aussi de méfier de ces chantages supposés. Regardez ce qui a été dit au sujet du bouclier fiscal : c'était soi-disant le meilleur moyen de rapatrier les fortunes en France. Aucune fortune n'est revenue. Parce qu'il faut tout déclarer pour en bénéficier ? Je rappelle que le coût de la fraude fiscale est de 40 milliards, c'est-à-dire la quasi-totalité du déficit public de l'Etat.
D'une façon générale comment jugez-vous la gestion de la crise par Nicolas Sarkozy ?
L'annonce précipitée d'un plan d'un plan tous les deux jours est la traduction de l'inertie qui a prévalu depuis son élection. Car il a été élu dans un contexte de crise économique qui appelait des mesures immédiates. Or qu'a-t-il fait depuis un an et demi sur le plan économique : le bouclier fiscal et les mesures les plus irresponsables demandées par un Medef ami du pouvoir, avec des riches qui paient moins et tous les autres qui sont précarisés. Il n'y a plus qu'en France que le législateur se plie aux caprices d'un certain patronat, allant jusqu'à bafouer des accords entre partenaires sociaux. Vous vous souvenez que l'Etat, après avoir encouragé le patronat et les syndicats à négocier, s'est ensuite assis sur la négociation pour en casser le résultat par la loi. Or il est prouvé que la qualité du dialogue social est un moteur d'efficacité, parce que c'est gagnant pour l'entreprise et gagnant pour les salariés. Mais pour cela il faut la confiance et par ces méthodes d'un autre âge la confiance a été brisée.
Les parachutes dorées, les stocks-options sont aujourd'hui sur la sellette...
Pas du tout. Nicolas Sarkozy souhaite que le Medef s'autodiscipline ! Ah bon ? Les gens vont décider eux-mêmes de baisser leurs salaires ? Vous y croyez ? Et si au moins, la politique économique menée depuis un an et demi avait été efficace ! Regardez ce qu'en pensent les patrons de PME : 90% d'entre eux estiment que rien de rien n'a été fait pour eux. J'aurais fait le small business act tout de suite. J'aurais tout fait, comme nous l'ont encore demandé de jeunes patrons d'entreprises de pointe à Toulouse, pour qu'ils puissent augmenter leurs fonds propres et que les banques prennent des risques sur l'innovation. C'est pour cela qu'il faut des fonds d'innovation et la banque publique d'aide aux PME. Pourquoi une banque publique ? Parce qu'elle sera dispensée de spéculer et se concentrera sur l'aide aux entreprises qui innovent.
Nicolas Sarkozy a-t-il suffisamment œuvré pour débloquer le marché interbancaire ?
Le marché interbancaire pouvait être débloqué en 24 heures ! Quand l'Etat met dix milliards dans les banques, il est en droit d'attendre que les banquiers lui obéissent. Non seulement les banquiers qui ont failli sont toujours en place (malgré les promesses de sanctions), mais le crédit interbancaire n'est toujours pas débloqué.
Qu'est-ce qui manque ? La pression sur les banques ?
Ce qui manque, c'est l'autorité de l'Etat. Ce qui manque, c'est que l'Etat entre au capital des banques ! Ce qui manque, c'est de la cohérence, c'est le respect des contribuables qui sont en droit d'attendre que l'on agisse en leur nom. En revanche, ce qui ne manque pas, c'est une connivence de classe comme il n'y en a nulle part ailleurs en Europe entre le pouvoir actuel, certains banquiers et certains grands patrons, notamment ceux qui sont propriétaires des médias. Comme je l'ai déjà proposé, aucun groupe financier ou industriel vivant de la commande publique ne devrait posséder plus de 25% d'un média. Car si les médias, au nom de l'opinion publique, étaient beaucoup plus sévères pour contrôler les mauvaises décisions et exiger les bonnes, au nom du bon sens, nul doute que les choses iraient mieux.
Nicolas Sarkozy a quand même mis d'accord tous les pays de la zone euro sur le plan coordonné...
C'est Gordon Brown qui a été le déclencheur de cet accord, mais reconnaissons que tout le monde y a mis du sien... Et même s'il vaut mieux tard que jamais, tout le monde sait que cela aurait pu être fait plus tôt. Il aurait fallu bouger dès l'année dernière, au moment de la crise des subprimes. Les banquiers savaient parfaitement qu'il y avait des financements croisés entre les banques françaises et américaines, que des banques françaises avaient acheté des créances douteuses. Comment Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde peuvent-ils oser affirmer qu'ils découvrent la crise financière ? Soit ils mentent, soit ils sont incompétents.
L'Union européenne a décidé de lancer un plan d'action pour soutenir l'économie. La soutenez-vous ?
Oui bien sûr et je souhaite que ce plan s'accélère et que cela réussisse. Il y a des leviers considérables de croissance économique : habitat durable, éducation, santé, grandes filières industrielles, automobile, aéronautique, sidérurgie, tout cela en relevant le défi de la lutte contre le réchauffement planétaire.
La crise va-t-elle au moins permettre de conforter la construction européenne ?
La crise peut être une chance si elle permet de changer le système, les règles du jeu, les rapports de force et non pas consolider un système perverti qui vient d'aller dans le mur. Si rien n'est fait, on sait qu'il y aura d'autres crises, en raison notamment des pratiques prédatrices de fonds d'investissement non réglementés, qui, comme avec la CAMIF, cherchent à faire du profit sur le dos des PME. Le risque c'est que tout recommence, puisque rien ne change. Les traders sont toujours payés en fonction de l'argent qu'ils retirent des spéculations boursières, sans aucune pénalité quand ils font perdre de l'argent.
Certains économistes disent que les fonds alloués aujourd'hui aux banques vont créer une nouvelle bulle spéculative...
C'est possible parce que ces 10 milliards, ils vont où ? Ils sont utilisés comment ? On ne sait pas. On est quand même dans un système fou. Si cela se trouve, les banques continuent à spéculer avec ces fonds, puisque l'Etat n'est pas au conseil d'administration et n'exige pas que ces 10 milliards soient uniquement utilisés pour octroyer des crédits interbancaires ou pour financer l'innovation des PME. C'est très grave : l'Etat a trouvé de l'argent pour les coupables de la crise et ses victimes, les entreprises et les ménages, les contribuables, n'ont aucun moyen de savoir comment leur argent va être utilisé. Pourquoi n'y aurait-il pas dans les conseils d'administration des épargnants, des citoyens, des associations de consommateurs, le centre des jeunes dirigeants, la CGPME... Voilà la vraie réforme de la gouvernance des banques.
La gauche européenne est restée bien muette dans cette crise.
C'est dommage. Le Parti socialiste européen devrait se faire entendre. Peut-être est-ce à cause d'une structure trop lourde, mais il n'est pas trop tard pour organiser un forum global sur le nouveau système de société et de production qu'on doit mettre en place. En plus la crise est une opportunité pour les idées de gauche. Il y a une réhabilitation du rôle de la puissance publique. Il ne s'agit pas non plus de tomber dans une économie étatisée mais de prouver que les droits et les devoirs, cela doit être pour tous, à chaque échelon de la société.
Et comment expliquer que le Parti socialiste français ne prenne pas aujourd'hui plus de poids, dans un contexte qui lui est favorable ?
Parce que le PS doit se reconstruire. Je ne vais pas en rajouter sur la nécessité pour le PS de changer, de se rénover en profondeur et de porter un projet alternatif à la hauteur des défis du temps présent.
Propos recueillis par Hélène Fontanaud, Ivan Best et Pierre Kupferma/ La Tribune
Derrière une banderole proclamant "retrait du plan de licenciements", qui va toucher les 900 salariés du groupe, les manifestants, à l'appel des syndicats FO, CGT, CFDT et CFE-CGC, se sont rassemblés à la gare de Paris-Bercy (12ème arrondissement) avant de défiler en direction du ministère, à proximité.
Portant des drapeaux aux sigles des syndicats, les salariés scandent "aucun licenciement".
Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, où se trouve Niort, qui abrite le siège de la Camif, a demandé "à l'Etat d'investir 20 millions d'euros dans la Camif".. "la Camif est viable si les 20 millions d'euros sont débloqués rapidement, si le plan de reprise proposé par la région, en partenariat avec les salariés, se met rapidement en place. Sinon, les prédateurs, les fonds d'investissement vont reprendre la Camif pour un euro. On va exiger que l'Etat mette la main à la poche".
Plus de 900 emplois sur 1.400 doivent disparaître à la Camif, numéro trois français de la vente à distance, après la mise en liquidation judiciaire de Camif Particuliers (780 salariés), victime de difficultés de trésorerie et d'une baisse d'activité liée à la crise économique.
Source : AFP