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S. Royal et Aubry affichent leur volonté d'un accord
Les deux femmes ennemies du Parti socialiste se sont en tout cas rencontrées par deux fois en fin de semaine dernière - avec leurs équipes - pour tenter de jeter les bases d'un accord. Les discussions semblent tendues. Martine Aubry pose comme préalable l'approbation d'un texte d'orientation (le congrès de Reims n'ayant débouché sur aucune synthèse), élaboré avec ses alliés Bertrand Delanoë et Benoît Hamon, et qu'elle présentera en milieu de semaine. L'importance et le nombre de postes que les royalistes obtiendront dans la nouvelle direction seront fonction de leur soutien au texte. « S'il y a des convergences possibles, il est normal que l'équipe de Mme Royal intègre à part entière la direction », a expliqué samedi un proche de la maire de Lille, David Le Bon. « S'il n'y a pas d'accord, Martine Aubry fera l'effort de proposer l'intégration à la direction de partisans de Ségolène Royal, mais ses propositions ne seront pas de même nature. »
Il n'empêche : la marge de manoeuvre de la première secrétaire est extrêmement ténue. Sachant que les places de direction seront chères - Martine Aubry s'est fixé pour objectif de constituer une équipe resserrée -, ses alliés tentent eux aussi de peser dans le débat. Hier sur Canal+, Benoît Hamon, le candidat de la gauche du parti, a indiqué qu'il ne participerait à la direction du PS que si Martine Aubry adopte une ligne « extrêmement combative ». « Au moment où le climat social est en train de devenir extrêmement lourd (...) il faut qu'on se tourne vers les gens et qu'on ait des réponses clivées par rapport à la droite. Si Martine Aubry a l'ambition d'incarner cela, j'en serai, si elle ne veut pas l'incarner, je n'en serai pas », a-t-il indiqué.
Cela dit, les débats portent, semble-t-il, moins sur le fond (Ségolène Royal a elle aussi assuré vouloir un Parti socialiste « plus ancré à gauche ») que sur la question devenue extrêmement sensible de la rénovation du Parti socialiste. Sortant de leur réunion samedi, Ségolène Royal a voulu croire que « Martine Aubry partage l'idée que le PS doit être un parti de masse, ouvert », thème à l'origine du psychodrame de Reims : l'ex-candidate à la présidentielle avait été accusée de vouloir abandonner le « parti de militants » pour un « parti de supporters ».